Rubriques

jeudi 4 novembre 2021

BLOCKHEADS :This world is dead (2013)



This world is dead", sorti en 2013, est le cinquième album des nancéens de Blockheads, sans doute leur meilleur enregistrement à ce jour.Le groupe, formé en 1989, est d’ailleurs incontestablement la meilleure formation française du genre et l'une des meilleures de la scène grindcore actuelle.
On pense d’emblée aux leaders incontestés que sont Napalm Death, Brutal Truth et Discordance Axis mais on sent que le groupe a aussi écouté des groupes de power-violence tels Capitalist Casualties, Coche Bomba ou Drop Dead.
De plus l'alternance des voix, qui rappelle le grind punk de Extreme Noise Terror ou Disrupt, donne au tempo une impression d'être encore davantage accéléré.
Techniquement tout est bien en place, c'est efficace, ça arrache sans être trop bourrin. Les changements de rythme sont exécutés avec maestria.
C’est évidemment ultra rapide mais le groupe sait aussi ralentir (rarement) pour mieux accélérer.
Vingt-cinq titres sous forme d'artillerie lourde, pas le temps de respirer, « This world is dead » est un bloc compact, aucune chance d'en réchapper. Rarement une telle vitesse d'exécution a été atteinte. Une rapidité inouïe qui ne faiblit quasiment pas (sauf sur le dernier titre d’un autre calibre, plus lent et pesant). Un rouleau compresseur (et là le terme n'est ni galvaudé ni exagéré ni survendu). La batterie est d’ailleurs complètement en feu.
Une déflagration et un degré d'intensité qu’on pourraient définir comme étant une sorte de Napalm Death en survoltage.


Évidemment plus que difficile de sortir des morceaux plus que d'autres du lot. Disons qu'au fil des écoutes les titres qui m'ont le plus marqués par leur agressivité implacable, là où les missiles atteignent leur cible sont « Deindividualized » qui ouvre le bal, « Bastards », « This world is dead », « All these dreams », « Take your pills », puis à un degré moindre « Poisoned yields », « Crisis is killing the weak », « Follow the bombs ».
L'album est dans la lignée du précédent, « Shapes of misery », avec les mêmes recettes mais mieux exécuté et mieux produit. Il faut dire que le groupe fait maintenant partie de l’ « écurie » Relapse records le label phare américain du métal extrême, le spécialiste reconnu, notamment du death brutal et du grindcore, et qui est depuis plus de vingt-cinq ans ce que fut Earache records dans les années 80 et 90, à savoir LA référence en la matière. Et de fait Blockheads bénéficie d'une bonne production qui met en avant la qualité d’exécution. (On est ici heureusement très loin du grindcore pathétique et infâme d’un Anal cunt et d'autres groupes du même calibre).
Quant aux thématiques abordées Blockheads reprend à son compte celles propres au genre telles qu’elles ont été définies par Napalm Death sur les deux premiers albums du groupe et qui étaient d’ailleurs largement inspirées des préoccupations anarcho-punk dont les fondateurs du grind étaient proches : religion, surarmement, nucléaire, aliénation, déshumanisation, inégalités sociales, rapports de domination, consumériste, pillage et destruction de la planète, environnementalisme, anticapitalisme, dénonciation des multinationales...
« This world is dead » est donc l'album de la maturité pour Blockheads mais surtout il s’affirme désormais comme une des références du genre. Un classique. J'avais vu le groupe en concert en 2008 en première partie de Brutal Truth et la progression en cinq ans est plus qu’évidente.
Et pour finir une bonne nouvelle : un nouvel album est enfin prévu pour très bientôt sur Lixiviat et également sur Bones Brigades (retour aux sources donc)

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire