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samedi 13 février 2021

Blue Oyster Cult : Cultosaurus erectus


Pauvre nabot italien , Castafiore des limbes, diva funeste, Dio a fait entrer le noir sabbath dans le grand cirque du heavy metal eighties. Si cet univers heavy métallique s’était déjà séparé du rock dès la sortie de « master of reality » , l’inventivité du groupe de Tony Iommy le plaçait jusque-là au-dessus de sa pitoyable descendance. En entrant dans le rang de ses enfants Iron Maiden et autres Judas priest , le sabb a confirmé que rock et métal était désormais deux mondes irréconciliables , deux cultures en lutte permanente. Ceux qui influencèrent les premiers riffs du Blue oyster cult allaient pourtant le sortir de l’impasse dans laquelle il s’était enfermé.

Malgré le fait qu’il représentait une régression artistique dramatique, heaven and hell a su séduire la jeune génération de chevelues. A une époque où Rob Haldford pousse ses cris de castrat pitoyable, la théâtralité de Dio a touché une génération vénérant la seconde vague de Heavy metal britannique. Mais c’est surtout la production de Martin Birch , puissante et lumineuse , qui a permis au sabb d’obtenir un des plus gros succès commercial de sa carrière.

Proche de Black Sabbath , Sandy Pearlman parvient à convaincre Birch de travailler avec le Blue oyster cult. Du travail effectué sur l’album précèdent, Birch ne garde que la propreté de la production, dont il décuple la puissance. Tout ce que le cult avait abandonné sur Mirrors, Birch va le dépoussiérer, sa production est une nouvelle crypte dans laquelle la grandeur du cult peut de nouveau s’épanouir. Connu aussi pour son travail auprès de Rainbow et Deep Purple ,  le producteur redonne aux riffs du groupe leur lourdeur et leur tranchant.

De son côté, le groupe d’Albert Bouchard renoue avec ses univers inquiétants , qu’il présente dès le premier titre. Inspiré par une nouvelle de Michael Moorcock , Black Blade est une procession dystopique , où les guitares allument une série de cierges menaçants. Loin des roucoulements de l’album précédent, le chant désincarné récite un prêche agressif et robotique. Quelques minutes plus tard , le riff de smoke on the water s’élève au milieu d’une brume synth blues.

Cette référence n’est pas anodine, le cult entend mener la bataille que le rock semble perdre face au heavy metal. Pour se faire , les synthés sont soumis par des six cordes particulièrement virulentes , qui imposent un swing lumineux. Ce que le cult dépoussière ici, c’est le feeling immortel issu du blues. Blues cuivrés, synthétiques, ou rythm n blues grandiloquent rappelant les grandes heures de l’opéra rock des Who, cultosaurus erectus remet de l’huile sur les vieux feux fatigués.

Ce disque est le cri de révolte de rockers coincés entre la vacuité du stadium rock et l’ultra violence ridicule du heavy métal. Alors ils rappellent aux synthés, roi de cette époque de décadence, qu’ils ne sont qu’un projecteur illuminant leurs processions heavy blues. De cette manière, le cult s’éloigne des gesticulations de plus en plus pompeuses d’un Van Halen , pour représenter le vrai nom d’un rock sachant se réinventer sans se renier.

Cette bataille entre Heavy metal et hard blues atteindra son apogée épique lorsque le noir sabbath et la secte de l’huitre bleu s’engageront dans une tournée commune. Celle-ci ne fera que confirmer ce que cultosaurus erectus montrait déjà , le rock du Blue oyster cult est largement supérieur aux messes tapageuses de son ex modèle.    

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